Journée de la femme. Servane Mouazan, militante pour les droits des femmes

 

Womanity: Qui êtes-vous Servane et comment en êtes-vous venue collaborer avec Womanity?

Servane Mouazan: Je suis une entrepreneuse sociale, une militante pour les droits des femmes et pour la justice sociale. Mon expérience dans des entreprises sociales émergentes ainsi que mon travail chez Ogunte.com m’a amenée à collaborer avec Womanity et surtout le Prix Womanity. Je m’assure que les lauréats maximisent leurs ressources, réfléchissent latéralement, construisent et mesurent leur impact, amplifient leur travail à travers des connexions et des idées pertinentes, et pensent surtout en terme de durabilité. Mon rôle oscille entre celui d’un entraîneur sportif et d’un business coach! Mes mots clés: « Questions, Stretch, Confiance »

W: Parlez-nous du programme du Prix Womanity?

SM: Le prix est un investissement en fonds et aussi en ressources non financières dans un programme ou une campagne visant à prévenir la violence envers les femmes. Nous recherchons des programmes qui ont été mis en œuvre avec succès et qui doivent être adaptés, reproduits et localisés par une organisation partenaire, dans un autre endroit du monde. Womanity agit en tant que prestataire d’assistance technique, courtier financier et partenaire de coaching.

W: Une question sur le programme que vous vous posez?

SM: Si l’argent n’était pas un problème, comment pourrions-nous renforcer la capacité des gens à unir leurs efforts à travers les silos, les secteurs, les sexes et les cultures?

W: Y a-t-il quelque chose de particulier qui vous frappe, en travaillant avec les gagnants du Prix Womanity?

SM: Les lauréats du deuxième Prix Womanity, Luchadoras et l’Association Pour les Communications Progressives, créent un mouvement qui va reproduire Take Back the Tech (« Réapproprie-toi la Technologie »), une campagne qui combat la violence en ligne contre les femmes. Elle a été répliquée dans plus de 35 pays. Pour soutenir les femmes dans le contexte de ce phénomène croissant qu’est la violence en ligne, Take Back the Tech! diffuse des guides sur la sécurité numérique très pratiques.

Mais ce qui me frappe, c’est que la campagne encourage aussi les survivants, les organisations faisant campagne, les personnes travaillant avec les survivants ou modérant le contenu en ligne, à faire de la santé personnelle une priorité.

Être soumis à des abus en ligne à un impact négatif sur la santé mentale et physique.

Loin d’être auto-indulgentes, les pratiques de santé personnelle sont un moyen de garder votre santé mentale et vos compétences décisionnelles affûtées, et aussi de reprendre des forces auprès de vos proches.

Siemprevivas, le collectif récemment formé qui réplique Take Back the Tech! au Mexique a inclus un module  d’autodéfense physique dans la campagne.

Lulu Barrera, cofondatrice de Luchadoras et membre de Siemprevivas, a déclaré: « la maîtrise de l’autodéfense contribue aux politiques d’auto-soins et de soins de groupe dans un environnement chargé de risques, et de violences contre les femmes, dans les rues du Mexique ».

Pour moi, c’est la preuve que l’on peut relier les mondes en ligne et hors ligne et produire un impact positif.

W: Quelle serait une percée pour la sécurité et le plaidoyer des femmes dans le monde?

SM: Nous devons nous recentrer davantage sur l’humain et écouter les femmes à la base. Nous avons besoin de plus de femmes aux tables de décisions. Je pense aussi qu’il ne s’agit pas seulement d’un plus grand nombre de femmes à bord, mais aussi de plus de femmes de différents horizons.

De notre travail avec les lauréats du Prix Womanity, nous savons que lorsque les médias et les plateformes Internet respectent et embrassent les voix des femmes de divers horizons, nous découvrons un monde riche en expériences, en savoirs, un monde communal. Tout le monde gagne. Personne ne devrait se sentir menacé par cette réalisation.

Nous savons aussi qu’il y a eu suffisamment d’études dans le monde entier pour prouver qu’il est fondamental et efficace d’inclure les hommes dans la réflexion autour de la consolidation de la paix entre les genres ou sur la façon de mettre fin aux stéréotypes masculins toxiques. Promundo et l‘Alliance Men Engage mènent la conversation.

W: Lorsque vous ne travaillez pas sur ce programme, à quoi vous consacrez-vous?

 SM: Beaucoup d’initiatives sur lesquelles je travaille se chevauchent. Au delà de leur perspective sexospécifique, ces initiatives visent principalement à aider les gens à renforcer leurs capacités, stratégies et ressources afin d’avoir un impact en tant qu’innovateurs sociaux. Malheureusement, il y a de plus en plus de travail à faire. Nous devons rester vigilants et organisés.

Je pense aussi qu’être militant et entrepreneur social n’est pas un «métier», c’est une vocation et un état d’esprit dont vous avez besoin 24/7 dans votre vie privée ainsi que dans votre vie publique et professionnelle.

Mais pour répondre concrètement à votre question, je termine une fiction d’anticipation sur les ‘Woman change makers’ qui se déroule dans un future proche. Cela me tient en haleine!

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