Les femmes sont mondialement peu représentées dans ces quatre domaines scientifiques. Selon l’UNESCO, seuls 29 % des acteurs de la recherche et du développement scientifique sont des femmes, avec un minimum de 19 % en Asie du Sud et de l’Ouest.

En 2016, la participation des femmes sur le marché du travail n’était que de 19 % (UNESCO) en Afghanistan. L’obstacle principal à leur embauche : un manque de connaissances pratiques des qualifications technologiques. Les compétences en informatique sont les compétences les plus recherchées par les futurs employeurs. Des stéréotypes profondément ancrés et des préjugés de longue date selon lesquels les femmes ne sont pas faites pour la technologie empêchent les filles d’accéder à des métiers scientifiques.

Mais en quoi cela est-il important ? Dans une société où l’on attend encore des femmes qu’elles remplissent des fonctions traditionnelles et s’occupent du foyer, les métiers scientifiques offrent une flexibilité leur permettant de travailler de la maison et/ou selon des horaires libres. Les innovations de l’avenir reposant sur les métiers scientifiques, les femmes doivent faire partie intégrante de leur conception pour en garantir la sécurité et la pertinence pour tous les citoyens.

Participez à Girls Can Code (ou GCC, « les filles peuvent coder »), un projet de Womanity en Afghanistan donnant l’opportunité aux élèves d’apprendre la programmation et le codage afin de les rendre financièrement et socialement autonomes.

Girls Can Code : agir sur les écarts de compétences

La fondation Womanity est présente depuis plus de 10 ans en Afghanistan. L’objectif principal était initialementd’améliorer l’éducation des filles et de créer un environnement d’apprentissage de qualité pour assurer leur réussite.Depuis quelques années cependant, la priorité est de donner aux étudiantes les compétences requises pour faire carrière dans les domaines liés aux sciences, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques.

On estime que, d’ici 2030, il y aura une pénurie de personnel moyennement et hautement qualifié (75 à 80 millions de personnes). En parallèle, les métiers scientifiques augmentent de 1,7 % par rapport aux autres métiers, et sont 33 % mieux payés. Le programme Girls Can Code de Womanity a pour but d’améliorer la capacité des élèves à rejoindre ce marché du travail en pleine croissance.

Lancé en 2017 pour une durée de 3 ans, ce programme se déroule actuellement dans 4 écoles de Kaboul pour des filles âgées de 16 à 19 ans. Celles-ci apprennent à coder avec des langages tels que HTML ou Javascript, entre autres, développent leurs compétences en anglais et acquièrent des connaissances de base en informatique.

Plus que du codage

À la fin du programme, les élèves construisent un site Internet de A à Z et peuvent postuler à des offres de stage dans des entreprises locales partenaires. En plus d’apporter des compétences pratiques, ce programme permet de mettre en valeur les avantages pour la communauté au sens large, en contribuant à faire évoluer les mentalités.

Marjan, une élève de GCC, a travaillé sur le site Internet de l’hôpital Al-Hayat. Une fois le site achevé, le PDG, Dr Hakimullah Salih, a déclaré : « En tant que responsable de l’équipe, Marjan s’est montrée compétente et engagée. Le site Web présente des informations sur notre hôpital. Nous prévoyons de le développer et solliciterons l’aide de Marjan. Nous encourageons vivement d’autres établissements à s’associer au programme GCC pour la conception de leur site Web. »

L’éducation, l’éducation, l’éducation

Même s’il reste un long chemin à parcourir avant que davantage de femmes intègrent le marché du travail en Afghanistan, les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques leur offrent une magnifique opportunité de gagner en autonomie financière et sociale et de changer les mentalités sur le rôle des femmes au travail. Mais tout commence par l’éducation. Si nous parvenons à convaincre plus de jeunes filles à considérer les sciences comme une carrière possible et à encourager davantage d’entreprises à employer des femmes, nous ferons un pas de plus vers l’équilibre dont la société a besoin.