Dans le cadre de notre série de blogs pour la Journée internationale de la femme, nous avons interviewé quelques-unes des personnes brillantes qui facilitent notre travail à la fondation Womanity. Industree Foundation a été choisie en tant que WomenChangeMaker (WCM) fellow en 2013. Dans cet entretien, la fondatrice Neelam Chhiber nous explique ce qu’elle a appris dans le cadre de ce programme et ce que signifie, pour elle, le thème « L’équilibre pour un monde meilleur ».

Comment le programme WCM a-t-il aidé Industree Foundation?

WomenChangeMakers a joué un rôle important pour nous aider à bâtir une organisation plus forte. D’abord, nous avons bénéficié d’une évaluation détaillée des besoins visant à identifier nos forces et nos possibilités d’amélioration. Nous avons réalisé que nous devions renforcer notre organisation à but non lucratif à l’aide d’un modèle qui permettrait le financement mixte. Ce processus a conduit à l’élaboration d’une stratégie de développement avec le soutien de partenaires externes, notamment PWC Strategy, Mercuri Urval et Accenture. Ce qui nous a été le plus utile cependant, ça a été de pouvoir prendre du recul et de réfléchir à certaines choses. Il peut être difficile de trouver du temps pour cela.

À votre avis, quel est l’aspect primordial du programme WCM?

C’est l’aide technique de haut niveau que fournit WomenChangeMakers — très peu de donateurs font cela. L’investissement dans le développement organisationnel de base a été extrêmement précieux pour nous. WCM offre un service flexible et personnalisé, et nous obtenons un soutien adapté à nos besoins. Nous avons établi une relation à long terme avec Womanity, et nous avons tissé des liens étroits avec les entreprises partenaires. Par exemple, Mercure nous a beaucoup aidées pour tout ce qui touche au mentorat et aux ressources humaines.

Quel conseil donneriez-vous aux nouveaux membres de WCM ?

Je leur recommande de tisser des liens solides avec un ou deux anciens membres de WomenChangeMakers. De leur parler. De prendre le temps de les connaître et de les considérer comme leurs mentors. Ils les épauleront avec générosité.

Industree a accompli tant de choses en si peu de temps. Quelle est la clé de votre succès ?

Une grande capacité de vision prospective. Et la persévérance. C’est ce qui vous permet de motiver votre équipe à rester à vos côtés. Dans ce secteur, vous devez savoir réorienter vos stratégies pour survivre. Vous ne pouvez pas avoir une approche rigide, sinon vous allez échouer. Vous devez apprendre à vous adapter en permanence.  Mais par-dessus tout, l’équipe doit clairement voir que vous travaillez en ayant en tête une vision précise.

Que pourraient faire les donateurs pour vous soutenir davantage ?

Pour le dire très simplement, ils pourraient nous offrir davantage de financement sans restriction et du soutien pour financer les coûts fixes. Les bailleurs de fonds sont souvent sceptiques quant aux frais administratifs, pourtant, l’investissement à retombées sociales implique pour nous d’attirer les meilleurs talents dans le secteur. Bien sûr, les donateurs doivent savoir comment les fonds sont dépensés. Mais en tant qu’organisme d’exécution, vous pouvez approcher 20 donateurs sans que votre mission ne corresponde précisément à leur programme d’aide. Cela peut mener à un travail dirigé par le bailleur de fonds et à une dérive de la mission, plutôt qu’à une planification fondée sur les besoins.

Quel est le plus grand défi qu’Industree doit relever en ce moment ? Et comment les bailleurs de fonds peuvent-ils y répondre ?

Le barème est le Saint Graal. Or, il comprend ses propres défis. Comment faites-vous pour étendre votre portée, sans toutefois vous disperser ?

Quelle est la plus grande leçon que vous ayez apprise ?

L’essentiel est d’investir dans les personnes. Aucun de nous ne peut arriver à quoi que ce soit sans des organisations fortes. Vous ne pouvez pas y arriver seul. Il est primordial de prendre au sérieux l’embauche de personnel, de perfectionner l’équipe de la haute direction et de permettre à tous ceux qui travaillent dans l’organisation d’acquérir des compétences.

Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur social qui vient de commencer ?

Pour réussir, vous devez vous entourer de gens qui croient autant que vous en votre cause. Cela vient avec le temps et en passant par des hauts et des bas. Il est important d’avoir une équipe résiliente. Les entreprises sociales connaissent beaucoup de hauts et de bas et vous devez recruter des gens qui vous appuieront. Les fonds vont et viennent, mais les bonnes personnes restent.

Cette année, la Journée internationale de la femme prône « l’équilibre pour un monde meilleur ». Qu’est-ce que ce thème signifie pour vous ?

« Quand je pense à la campagne “L’équilibre pour un meilleur monde”, je pense immédiatement à l’égalité économique pour les femmes du monde entier. Il est prouvé que lorsque les femmes travaillent, l’état de santé, l’alimentation et le niveau d’instruction des membres de leurs familles s’améliorent. Cela signifie qu’un revenu de ménage équilibré conduira non seulement à l’autonomisation des femmes, mais aura également une incidence positive sur la prochaine génération. Travaillons pour créer un monde où les revenus des ménages reflètent un équilibre des genres ».