Parlez-moi un peu de votre rôle à Womanity

J’ai rejoint Womanity au deuxième semestre de 2018 pour m’occuper du portefeuille de programmes de médias du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Récemment, on m’a demandé d’aider nos équipes de programmes de toutes les régions à réaliser leur mission et à atteindre leurs objectifs. Pour ce faire, nous travaillons ensemble à élaborer des stratégies de programmes et à exécuter les plans de mise en œuvre de ces programmes.

Qu’aimez-vous le plus dans ce travail ?

Qu’il s’agisse de remettre en question les perceptions et les stéréotypes par le biais des programmes axés sur les médias ou encore de soutenir les entrepreneurs sociaux travaillant à encourager l’émergence de communautés plus inclusives et sécuritaires, le travail que nous réalisons à la fondation est diversifié, engageant et percutant.

Ce que j’apprécie particulièrement dans le travail que nous faisons, c’est notre engagement à collaborer et la façon dont nous nous efforçons sans cesse de travailler avec des partenaires locaux afin de respecter nos engagements. Dans le monde d’aujourd’hui, il est très rare que le changement se produise sans collaboration.

B100Ragl a eu d’excellents résultats pour ce qui est de changer les attitudes et lutter contre les stéréotypes de genre. Pourquoi pensez-vous que les médias constituent un outil puissant pour amorcer le changement ? Pourquoi est-ce que B100Ragl connaît ce succès ?

Les médias peuvent nous aider de plusieurs façons à changer les croyances et les attitudes, et donc les comportements. Parmi ces nombreuses façons, celle qui est la plus pertinente pour le travail que nous accomplissons est la capacité des médias à façonner la manière dont nous pensons « l’autre », autrement dit ce que nous concevons comme étant la « référence à la norme ». Nous savons par exemple qu’environ 54 % des utilisateurs des réseaux sociaux des 8 pays de la MENA déclarent devenir « plus ouverts et enclins à tolérer différents points de vue » grâce à l’utilisation des réseaux sociaux.

Pour B100Ragl en particulier, nous avons réussi à tirer parti de plusieurs stratégies afin d’assurer une plus large portée et une meilleure incidence du programme, y compris, par exemple : 1) travailler avec des influenceurs régionaux, des célébrités régionales et des artistes locaux pour produire — et promouvoir — certaines parties du programme et 2) établir des partenariats et collaborer avec les organismes locaux axés sur les jeunes et les femmes afin d’avoir une approche locale.

Est-ce que B100ragl vous a permis de tirer des leçons importantes ?

Une leçon importante que nous avons tiré du programme est surtout la dynamique en constante évolution du public. Comme une partie de notre public vieillit et que nous avons accès à un public plus jeune, l’évolution des préférences et des perceptions nous oblige à innover constamment et à explorer de nouvelles façons de présenter notre message et d’intéresser les différents groupes.

Une autre leçon clé pour nous consiste à être inclusifs. Nous nous efforçons de réfléchir sur la façon dont nous pouvons bâtir des programmes qui soient inclusifs, tant pour les hommes que pour les femmes, puisque notre mission principale s’appuie sur le changement des perceptions et des stéréotypes qui nous empêchent collectivement de vivre dans des sociétés vraiment inclusives.

Quels sont vos projets pour l’avenir ? Y a-t-il des activités passionnantes à l’horizon pour B100Ragl ?

Nous avons beaucoup d’idées pour faire évoluer le programme. Nous cherchons actuellement différentes formes de ludo-éducation que nous pourrions utiliser pour diffuser nos messages sur les stéréotypes et les perceptions sexistes. Nous prévoyons également d’utiliser des histoires vraies de femmes de la région pour présenter non seulement les problèmes auxquels les hommes et les femmes sont confrontés dans la région, mais aussi pour mettre en valeur les moments où des personnes ont réussi à triompher des stéréotypes.

Nous cherchons également des façons d’accroître notre degré d’engagement auprès des publics cibles et d’arriver véritablement à un espace où notre public interagit, apprend et partage des expériences, par le biais des nombreuses plateformes du programme.

Cette année, la Journée internationale de la femme prône « l’équilibre pour un monde meilleur ». Qu’est-ce que ce thème signifie pour vous ?

Je crois sincèrement que si nous nous efforçons collectivement d’atteindre une plus grande parité économique et sociale dans le monde, nous serons en mesure d’éradiquer certains de nos défis les plus urgents. Cela concerne des problématiques allant des changements climatiques à la pauvreté, en passant par l’égalité des sexes. Dans un sens, « L’équilibre pour un monde meilleur » représente pour moi une plus grande parité pour le plus grand bien de tous. Mais cela ne s’arrête pas là. Il s’agit aussi de nous réunir collectivement afin de mener à bien notre mission. Dans nos rôles respectifs, et grâce à nos différences innées, nous apportons tant de choses sur la table.