Toutes les deux heures, une femme est assassinée au Brésil. Ce n’est que l’un des nombreux faits choquants dont j’ai pris connaissance cette année au festival WOW (Women of the World, femmes du monde) au Brésil. L’événement de trois jours qui s’est déroulé du 16 au 18 novembre était le premier festival WOW en Amérique latine.

D’abord lancé en 2010, WOW est une plateforme internationale réputée qui rassemble des personnes du monde entier pour célébrer les accomplissements historiques des femmes et prolonger la lutte pour l’égalité des sexes. Depuis huit ans, le festival connaît un succès en Europe, en Asie et en Afrique ; il y avait donc beaucoup d’enthousiasme et d’attente pour cette dernière édition au Brésil.

La date du festival cette année coïncide avec un moment intéressant de l’histoire du Brésil. L’élection récente de Jair Bolsonaro et les troubles en résultant préoccupent de nombreuses personnes dans la communauté sociale quant au futur et les fait craindre pour leur sécurité. Malgré cette inquiétude, WOW a fourni un espace indispensable pour l’optimisme, redynamisant la communauté au Brésil et apportant un sentiment d’espoir auquel beaucoup aspirent.

La session d’ouverture avec Jude Kelly, la fondatrice de WOW, et Eliana Sousa Silva, qui a amené le festival au Brésil, a donné un ton positif pour les trois jours à venir. « Il ne tient qu’à vous de rencontrer des inconnus et de poser des questions sur ce que vous ne connaissez pas », a dit Jude. « C’est comme cela que nous changeons le monde, en le réorganisant. »

PRÉSENCE DE WOMANITY

Mais c’était plus qu’une conférence d’apprentissage et de réseautage pour Womanity. Avec autant de partenaires opérationnels basés au Brésil, nous avons saisi l’opportunité de réunir les lauréats du Womanity Award et les boursiers de notre programme WomenChangeMakers. Au total, douze représentants de dix organisations se sont rassemblés, saisissant l’occasion unique de se découvrir les uns les autres, d’établir des relations et de rechercher des opportunités de collaboration.

En effet, au cours de ce festival, de nombreuses personnes de la délégation Womanity ont pris la parole ou animé des panels et, ce faisant, partagé leur expertise avec la communauté WOW. Parmi ces personnes :

  • Kalpana Viswanath, lauréate du Womanity Award pour Safetipin, a pris la parole lors de plusieurs panels concernant les villes sûres pour les femmes. « Les villes ont été construites par les hommes, pour les hommes », a-t-elle souligné tout en discutant les défis inhérents à la création de villes sûres. Kalpana a également animé un atelier de démonstration de l’application Safetipin et s’est penchée sur la sécurité de la ville de Rio pour ses citoyennes.
  • Aparna Hedge (WCM Inde), Juliana de Faria (WCM Brésil), Lulu Barrera (lauréate du Womanity Award) et Erika Smith (lauréate du Womanity Award) ont animé une session Women Online and Feminist Technology (femmes en ligne et technologie féministe). « Connaître la technologie, c’est comme connaître votre corps », a dit Lulu.
  • Tiana Vilar Lins, directrice des programmes Womanity, a pris la parole lors d’un panel animé par Jude Kelly sur les organisations de femmes qui soutiennent d’autres organisations dirigées par les femmes. Lebo Ramafoko de l’institut Soul City, récent lauréat du Womanity Award, a également pris la parole lors d’un panel explorant les défis et l’impact du soutien à ce type de travail.
  • Juliana de Faria de l’ONG Think Olga, boursière du programme WCM, a animé un atelier sur l’utilisation du récit en tant qu’outil du changement, en se concentrant sur la lutte contre les violences faites aux femmes.
  • Renata Jardim de l’ONG Themis, boursière du programme WCM, a pris la parole lors d’un panel avec Kalpana Viswanath sur la création de villes respectueuses des femmes.

AMBIANCE DU FESTIVAL

En plus des nombreux panels et ateliers, diverses activités créatives ont été organisées durant ces trois jours. Par exemple, un spectacle nommé Slap and Tickle (pelotage) a exploré les nombreux rôles inhérents au fait d’être une femme, avec des humoristes, des graffeuses ainsi que des concerts de groupes et interprètes dont la célèbre Elza Soares. Ces activités amusantes et dynamiques ont contribué à maintenir l’atmosphère vibrante du festival durant ces trois jours, malgré le temps inhabituellement pluvieux. En dehors du festival, un village était dédié à l’artisanat, avec des dizaines d’entreprises sociales vendant des articles et des bijoux.

La fin de l’année approchant, et avec la campagne imminente « 16 jours d’activisme », je suis rentrée à Londres avec un immense sentiment d’unité. De nombreux défis nous attendent, mais avec autant de personnes brillantes œuvrant dans la solidarité, on ne peut qu’être optimisme pour l’avenir.

Ce fut ma première expérience au festival WOW, et elle fut sans aucun doute à la hauteur de toutes mes attentes. Tant et si bien que j’en suis déjà à compter les jours jusqu’à la prochaine édition en mars 2019 à Londres. Cette fois, plus près de chez moi, mais probablement encore avec de la pluie.

Angie Windle, Directrice de la communication